La situation géographique du port de Saint- Jean-de-Luz / Ciboure et le régime des vents dominants de cette zone ont
conduit les pêcheurs de ce port à adopter plus tôt que d’autres la propulsion mécanique pour la pêche côtière avec
des chaloupes à vapeur. C e système de propulsion était déjà utilisé par les armements de chalutiers que l’on peut
qualifier de semi-industriels dès 1868 à Arcachon.

Pierre Letamendia, construit une première chaloupe à vapeur Les trois frères en 1885, suivie en 1888 par
Alice-Albert, ces chaloupes sont utilisées par son constructeur pour la pêche de la sardine en hiver et de l’anchois au
printemps et la promenade des « touristes » en été. Il obtient très vite de bon résultats mais il faut attendre 4 ou 5
ans avant que d’autres pêcheurs ne l’imitent.

Ce n’ est qu’ au début du 20ème siècle que ces chaloupes à vapeur vont rapidement prendre la place des anciennes
traînières et chaloupes biscayennes. Elles présentent l’ avantage d’apporter une meilleure sécurité aux pêcheurs, de
nécessiter moins d’hommes d’ équipage que les traînières et d’ avoir une polyvalence permettant de pêcher la sardine
en hiver et le thon en été.

Le catalogue du chantier Letamendia daté de 1910 présente une liste de 54 bateaux dont une bonne partie a été
vendue en Espagne. On peut également signaler la présence d’une de ces chaloupes à l’exposition universelle de
Marseille en 1906. L’emploi de ces chaloupes pour la pêche à la sardine associée à l’utilisation du filet tournant va
permettre le développement de cette pêche et l’expansion économique du port de Saint- Jean-de-Luz / Ciboure.
Il est donc naturel de penser à un de ces modèles pour la réalisation d’une reconstitution patrimoniale.